Domestique (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XIV e siècle. Emprunté du latin domesticus, « de la maison, de la famille », de domus, « maison ».

I. Adj.
1. Qui est de la maison ; qui concerne la vie de la maison. Affaires s. Travaux s. Économie . Le personnel . Les dieux s, les dieux du foyer. Lares et pénates étaient des dieux s.
2. Par opposition à Sauvage, se dit de l'animal qui vit associé à l'homme, le sert ou lui tient compagnie. Le chien, le chat, le cheval sont des animaux s. Les animaux s d'une ferme.

II. N.
1. . Personne attachée au service du roi, d'un prince, et remplissant une fonction importante.
2. Personne qui, moyennant un salaire, est employée au service personnel d'une famille ou d'un particulier. Engager un . Une dévouée, fidèle. Il a renvoyé ses s. (Aujourd'hui, on dit plutôt Employé de maison. ) Singulier à sens collectif. Vieilli. Ensemble des serviteurs d'une maison. Réduire son . Avoir un nombreux .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui est de la maison, qui appartient à la maison ou Qui a rapport au ménage, à l'intérieur de la famille. "Économie . La vie . Les travaux s. Services s. Affaires s. Le bonheur . Vertus s. Chagrins s."
En termes d'Antiquité, "Les dieux s," Les dieux du foyer, les Pénates.
Il se dit aussi des Animaux qui vivent dans la demeure de l'homme, qui y sont élevés et nourris, par opposition à ceux qui vivent dans l'état sauvage. "Le chien, le cheval sont des animaux s. Le chat et le chat sauvage."
Il s'employait autrefois comme nom masculin en parlant des Gentilshommes qui faisaient partie de la maison du Roi ou d'un prince du sang.
Il s'emploie aujourd'hui comme nom des deux genres pour désigner Tout serviteur à gages d'une maison bourgeoise, tout employé au service matériel intérieur d'un établissement. "Il a renvoyé ses s. Une intelligente."
Il s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner Tous les serviteurs d'une maison. "Il a un nombreux . Mon se réduit à un valet de chambre et une cuisinière."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui appartient à la maison, à l'intérieur de la famille. Services s. Des soins s. L'hygiène . Les vertus s.
CORN.: « Moi, sans considérer aucun noeud »
CORN.: « Pleurons dans la maison nos malheurs s »
CORN.: « On pleure injustement des pertes s, Quand on en voit sortir des victoires publiques »
CORN.: « Et lorsqu'on dissimule un crime »
PASC.: « .... Nous connaissons des personnes de condition qui ont appréhendé des morts s que Dieu a peut être détournées à leur prière, qui ont été cause ou occasion de tant de misères qu'il serait à souhaiter qu'ils n'eussent pas été exaucés »
LA FONT.: « La vertu De tout exemple Est universelle et s'applique En bien, en mal, en tout ; fait des sages, des sots, Beaucoup plus de ceux-ci.... »
FLÉCH.: « À quelle espèce de ses devoirs, publics ou particuliers, de religion ou s, a-t-elle manqué ? »
FLÉCH.: « Un coup imprévu de tempête civile et jette sur des bords étrangers cette princesse infortunée qui l'honorait de sa bienveillance »
FÉN.: « N'est-ce pas elles [les filles] qui soutiennent les maisons, qui règlent tout le détail des choses s ? »
BUFF.: « Le chien est le seul animal dont la fidélité soit à l'épreuve ; le seul qui entende son nom et qui reconnaisse la voix »
    Esprit , manière de voir et de sentir qui concentre tout dans l'intérieur de la maison.
MARIVAUX: « Je n'aime pas l'esprit »
    Chez les anciens, les dieux s, les pénates, et, par extonsion, l'intérieur de la demeure.
CORN.: « Les autres [assassinés] dans le sein de leurs dieux s »
    Tribunal , tribunal de famille qui chez les Romains jugeait certains crimes s.
MONTESQ.: « Quand il [Tibère] voulut punir quelque dame romaine au delà de la peine portée par la loi Julie, il rétablit contre elle le tribunal »

 2   Qui a rapport au ménage. L'économie .

 3   Il se dit par opposition à étranger. Les troubles s de la France.
    Fig.
PASC.: « Qu'elle ne demeure pas en terre, qu'elle est du ciel, qu'elle loge dans le sein de Dieu »
    Substantivement et vieux en cet emploi.
BALZ.: « Et les étrangers ont démenti l'histoire que les s avaient publiée »

 4   Qui appartient à l'individu même, par opposition à ce qui lui est étranger.
BOURDAL.: « Nous nous étonnons quelquefois que les Pères de l'Église, faisant le portrait d'une conscience déréglée, nous la dépeignent comme un bourreau qui tourmente le pécheur »
BOURDAL.: « En me défendant de ces ennemis s [les passions] qui sont nés avec moi et dans moi et qui conspirent à me détourner de la sainte résolution que j'ai formée »

 5   État , état d'une personne qui sert moyennant des gages.

 6   En parlant des animaux, il se dit par opposition à sauvage. Un animal . Un animal à l'état .

 7   S. m. et f. Personne payée pour le service de la maison. Un actif. Une bonne . Les gages des s.
LA FONT.: « Heureux de ne devoir à pas un Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient »
COLLIN D'HARLEV.: « Par un seul on est bien mieux servi »

 8   S. m. Anciennement il se disait des individus attachés à une grande maison, même quand ils étaient gentilshommes et que l'emploi était important.
CORN.: « Pour toute réplique Faites-en faire essai par quelque »
CORN.: « N'appréhendez-vous point que tous vos s Ne soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques ? »
CORN.: « Peut-être en est-il auprès de moi »
FLÉCH.: « Suspendez votre douleur, fidèles s de cette princesse »
RAC.: « J'ai découvert au roi les sanglantes pratiques Que formaient contre lui deux ingrats s »
FÉN.: « Louis XI : On dit que vous avez écrit mon histoire. - Commines : Il est vrai, et j'ai parlé en bon »
D'OLIVET: « Un d'un grand seigneur employa l'intercession de M. le dauphin, j'entends de celui qui mourut en 1711, pour se faire nommer à une place vacante »
VOLT.: « Les détails de la fondation d'une ville leur plaisent moins [aux esprits superficiels] que la témérité d'un homme [Charles XII] qui brave dix mille Turcs avec ses seuls s »
    Le grand , titre d'un officier de la cour de Constantinople, dans le Bas-Empire.

 9   Terme collectif. Les gens de service. Un nombreux .
SAINT-SIMON: « Ses équipages [de Monseigneur] et son étaient à leurs ordres [de Mlle de Lislebonne et de Mme d'Épinay] »

 10   L'intérieur d'un ménage.
LA BRUY.: « Qu'il les admette jusque dans son »
LA BRUY.: « Ils entrent dans les plus petits détails du »
MAINTENON: « Point de hauteur ; soyez ferme et douce dans votre »
MASS.: « Ces personnes qui, renfermées dans un frugal et mal aisé.... »
MASS.: « L'humeur et la hauteur dans un »
MASS.: « Elle répand sur tout son un air de licence »
ROLLIN: « Il [Plutarque] eut la joie de trouver, dans son et dans l'intérieur de sa famille, toute la paix et la satisfaction qu'il pouvait désirer »

REMARQUE
    Domestique, adjectif, avec la préposition de, a été employé par Pascal ; cela peut très bien s'imiter ; c'est d'ailleurs un archaïsme ; Calvin a employé cette construction (voy. l'historique).

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     la Rose, 1355: Ou vergier ot arbres domesches, Qui chargoient et coins et pesches, Chastaignes, nois, pommes et poires
    XIVème siècle
     Ménagier, I, 5: Ce mesmes est-il des bestes sauvaiges, des dommesches, voire des bestes champestres
     ib. II, 3: Quant aux chamberieres et varlets d'ostel que l'en dit s....
     ib.: Pensez des autres oiseaulx domesches, car ils ne pevent parler
    XVème siècle
EUST. DESCH.: « Yvre valet et enragié qui tue, Et ennemi privé et »
     ib. f° 476: Brebis, beufs, les oiseaulx volans, tout bestail domesche et sauvaige
     Perceforest, t. II, f° 1: Ilz regarderent avant au parfond de la praerie, et veirent qu'il y avoit vaches domestes
    XVIème siècle
MONT.: « Un de feu mon pere »
CALV.: « Il y a une voye commune aux payens et aux s de l'Eglise pour cercher Dieu »
LANOUE: « Il y a abondance d'hommes que les guerres s ont grandement exercitez aux armes »
     Lettres de Henri IV, t. I, p. 369: M. de Scorbiac, le capitaine Portal, ung de mes subjectz et serviteur , est appelant en vostre compagnye d'une sentence que ses parties ont obtenue contre luy
     Coutumier génér. t. II, p. 782: Femme vefve qui se remarie avec son domesticque ordinaire [valet] perd son douaire
     Nuits de Straparole, t. I, p. 266, dans LACURNE: Il est fils du grand marquis Vivian nostre ami

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. domesgue, dometgue, domestic, domestegue ; catal. domestic ; espagn. et ital. domestico. Le latin domesticus ayant l'accent sur més, la forme régulière et primitive est domesche ; on a commencé au XIVe siècle à la remplacer par , calqué sur le latin ; puis domesche est tombé dans l'oubli.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DOMESTIQUE.

 8   Ajoutez :
J. J. ROUSS.: « Il est vrai que j'ai été de M. de Montaigu, ambassadeur de France à Venise, et que j'ai mangé son pain, comme les gentilshommes étaient ses s et mangeaient son pain.... mais, bien qu'eux et moi fussions ses s, il ne s'ensuit point que nous fussions ses valets »

 11   Les s de la foi, les fidèles.
BOSSUET: « Ne vous persuadez pas qu'il n'ait converti que les hérétiques : cette science ardente et luisante agissait encore bien plus fortement sur les s de la foi »
BAYLE: « Qu'une princesse ou qu'une autre femme fasse du bien à ceux qu'elle prend pour les s de la foi, ce n'est point une chose extraordinaire »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Qui est de la maison, qui appartient à la maison; ou Qui a rapport au ménage, à l'intérieur de la famille. "Économie . La vie . Le bonheur . Affaires s. Chagrins s. Les travaux s. Les dieux s. Le culte ."
Il se dit aussi Des animaux qui vivent dans la demeure de l'homme, qui y sont élevés et nourris, par opposition à ceux qui vivent dans l'état sauvage. "Le chien, le cheval, sont des animaux s. Le chat et le chat sauvage."
"État ," État d'une personne qui sert, moyennant des gages, dans la maison d'une autre. Il signifie aussi, L'état d'un animal ou rendu . On dit dans un sens analogue au premier: "Emploi . Fonction . Services s. Etc."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore par opposition à Étranger. "Exemples s. Troubles s. Guerres s. Ennemi ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit de Tout serviteur à gages. "Il a un bon , un mauvais , un fidèle. Il a renvoyé ses s. Prendre un . On doit répondre de ses s."
Il s'emploie de même, au féminin, pour Servante. "J'ai envoyé ma au marché. Il a une intelligente et fidèle."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit collectivement de Tous les serviteurs d'une maison. "Il a changé tout son . Il a un nombreux . Mon se réduit à un valet et une servante."
Il se dit encore pour L'intérieur de la maison, du ménage. "Je ne veux point qu'on se mêle de mon . Je ne veux pas qu'on sache ce qui se passe dans mon ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


Qui est de la maison, qui appartient à la maison. "Serviteur . Les affaires s. Les Dieux s".
Il se prend substantivement pour Les serviteurs de la maison. "Mon . Mes s. Vous devez répondre de vos s".
Il s'emploie aussi au féminin, pour désigner Une servante. "J'ai envoyé ma au marché. Il a une intelligente et fidèle".
Il se prend aussi collectivement pour Tous les serviteurs d'une maison. "Il a changé tout son domestîque. Il a un nombreux . Mon se réduit à un valet et une servante".
Il se prend aussi pour L'intérieur de la maison. "Je ne veux point qu'on se mêle de mon . Je ne veux pas qu'on sache ce qui se fait dans mon ," c'est-à-dire, Ce qui se passe chez moi. "Il aime son ".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Domestique, est quelquefois opposé à Étranger. "Guerres s. Exemple . Chagrin ".
Il se dit aussi Des animaux privés qui demeurent dans les maisons. "Le chien est un animal ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Adjectif 


Qui est de la maison, qui appartient à la maison. "Serviteur . Les affaires s. Les Dieux s."
Il se prend substantivement pour les serviteurs de la maison. "Mon . Mes s. Vous devez répondre de vos s."
Il se prend aussi collectivement pour tous les serviteurs d'une maison. "Il a changé tout son ."
Il se prend aussi pour l'intérieur de la maison. "Je ne veux point qu'on se mêle de mon . Je ne veux pas qu'on sache ce qui se fait dans mon ," c'est-à-dire, Ce qui se passe chez moi. "Il aime son ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est quelquefois opposé à Étranger. "Guerres s. Exemple . Chagrin ."
Il se dit aussi Des animaux privés qui demeurent dans les maisons. "Le chien est un animal ."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Adjectif 


de tout genre. Qui est de la maison, qui appartient à la maison. "Serviteur . les affaires s. les Dieux s". Il se prend substantivement pour les serviteurs de la maison. "Mon . mes s. son domestique. vous devez respondre de vos s".
Il se prend aussi collectivement pour tous les serviteurs d'une maison. "Je ne veux point qu'on se mesle de mon . je ne veux pas qu'on sçache ce qui se fait dans mon ," c'est à dire ce qui se passe chez moy.
Il se dit aussi des animaux privez qui demeurent dans les maisons. "Le chien est un animal ".




Emplacement dans le dictionnaire :

domaine
domanial
domanier
domanite
dôme
dome
domestication
domesticité
domesticite

domestiqué
domestiquer
domicile
domiciliaire
domicilié
domicilier
domicilier (se)
domification
dominant
dominante
dominateur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...voir se livrer à ce travail, étant donnés son aspect et sa tournure. Dans ses visites du soir, il lui arrivait de passer en revue mes vêtements de bord et d'y faire des réparations qu'il jugeait mon domestique incapable d'exécuter comme il convenait. CHAPITRE XIII Nous marchions toujours, toujours, avec toutes nos voiles, vers le sud. Maintenant, c'étaient des nuées de damiers et d'autres oiseaux de mer...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...plus se sentir perdus au milieu d'adversaires, pour avoir le plaisir de communier, de ne faire qu'un avec plusieurs, c'est-à-dire, en définitive, pour mener ensemble une même vie morale. La morale domestique ne s'est pas formée autrement. à cause du prestige que la famille garde à nos yeux, il nous semble que si elle a été et si elle est toujours une école de dévouement et d'abnégation, le foyer par...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...a perdu du même coup une grande partie de son efficacité. Comme elle se disperse aujourd'hui à chaque génération, l'homme passe une notable partie de son existence loin de toute influence domestique. La corporation n'a pas de ces intermittences, elle est continue comme la vie. L'infériorité qu'elle peut présenter à certains égards par rapport à la famille n'est donc pas sans compensation. Si...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...ne sont pas sans quelques rapports de parenté. C'est ce que montre notamment l'histoire des corporations romaines. Nous avons vu, en effet, qu'elles se sont formées sur le modèle de la société domestique dont elles ne furent d'abord qu'une forme nouvelle et agrandie. Or, le groupe professionnel ne rappellerait pas à ce point le groupe familial s'il n'y avait entre eux quelque lien de filiation. Et...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...nécessaire qu'un groupe secondaire, d'un genre nouveau, se formât. C'est ainsi que la corporation prit naissance : elle se substitua à la famille dans l'exercice d'une fonction qui avait d'abord été domestique, mais qui ne pouvait plus garder ce caractère. Une telle origine ne permet pas de lui attribuer cette espèce d'amoralité constitutionnelle qu'on lui prête gratuitement. De même que la famille a...


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